Spasmophilie, Système musculaire, Système nerveux

La spasmophilie

LA SPASMOPHILIE


 

Spasmophilie, un nom grec signifiant « affinité pour les spasmes ». Drôle d’affinité, n’est-ce pas ?

 

Ce terme n’existe qu’en France, au Québec et en Belgique. A l’internationale, on parle d’attaque de panique ou de « latent tetany » alors que seulement 10% des spasmophiles ont des crises de tétanie.

 

La spasmophilie est une hyperexcitabilité neuromusculaire entraînant des crises espacées par des intervalles plus ou moins longs, voir au quotidien, accompagnés d’une affection-carrefour, où se mêlent un facteur psychologique héréditaire (grande émotivité, anxiété), des facteurs métaboliques (troubles calciques) et des facteurs acquis (surmenage stress…).

 

Elle se manifeste par de nombreux symptômes :

 

  • Musculaire : crampes, fourmillements dans les jambes, les bras, les mains et le visage, contracture, crispation, tics des paupières, douleurs neuromusculaires du dos et de la nuque, sensation de fourmillements au niveau des lèvres, du menton, des extrémités, tremblements…
  • Psychologique : peur de sortir, trouble de l’humeur, sensation de boule dans la gorge, gêne respiratoire, manque d’air, oppression, agoraphobie, claustrophobie…
  • Digestif : aérophagie, brûlures d’estomac, spasmes douloureux des intestins, diarrhée ou constipation, douleurs du bas ventre, spasmes digestifs, intestinaux, crampes à l’estomac, nausée…
  • Divers : fatigue, troubles du sommeil, maux de tête, flou visuel, palpitations, tachycardie, trouble de la mémoire…

Soyez prudent, ces symptômes ne sont pas spécifiques et peuvent correspondre à de nombreuses pathologies.

 

COMMENT SAVOIR SI JE SUIS SPASMOPHILE ?

 

Alerté par les résultats d’un premier interrogatoire, le médecin procède à des examens cliniques qui objectivent l’hyperexcitabilité neuromusculaire par :

 

  • Le signe de Chvostek : contracture, réflexe de la commissure des lèvres lors de la percussion de l’arcade zygomatique.
  • Le signe de Trousseau : la pose d’un garrot veineux pendant une dizaine de minutes provoque une contracture typique du membre : la main se crispe, fléchit sur l’avant-bras, qui se recroqueville sur le thorax. Il s’agit alors d’une crise de tétanie localisée.
  • Le signe de Weiss : contraction réflexe de la paupière lors de la percussion de l’apophyse externe de l’orbite.
  • Le signe de Lust : dorsiflexion du pied lors de la percussion du nerf sciatique poplité externe, au niveau de la tête du péroné.
  • L’épreuve hyperpnée : une hyperventilation provoquée de trois minutes accentue les réflexes précédemment décrits, en particulier le signe de Trousseau.

 

Des symptômes peuvent être également détectés par l’électromyogramme et des examens biologiques peuvent être complémentés tels que le calcium, vitamine D, phosphore, magnésium

 

Bien que très importante, la découverte d’une carence minérale n’explique pas la cause de la pathologie, dont l’origine se situe plus dans la capacité d’absorption à travers la membrane cellulaire, qui semble être modifiée chez les spasmophiles.

 

 

QUE FAIRE ?

 

Il est certain que les tranquillisants, les hypnotiques, les antidépresseurs, les neuroleptiques, les sédatifs, les psychostimulants ne seront jamais la solution, au risque de développer d’autres effets secondaires non négligeable en plus de la spasmophilie.

 

La spasmophilie est un déséquilibre dans la réserve minérale en particulier entre le magnésium et le calcium. Mais aussi le potassium qui peut être impliqué dans ce déséquilibre et peut ainsi régulariser les flux de tous les autres sels minéraux.

 

Ainsi, la supplémentation en magnésium est une solution importante pour combattre la spasmophilie et intervient sur l’hyperexcitabilité musculaire, ainsi que le calcium et le potassium. La vitamine B6 soutient le métabolisme de la sérotonine, et l’absorption cellulaire du magnésium.

 

La prêle est également une base incontournable, la silice de la plante va favoriser la fixation du magnésium, du calcium et du phosphore.

 

On pourra y adjoindre selon les cas, la passiflore en cas de nervosité excessive avec anxiété facile. Ou bien la valériane en cas d’insomnie associée.

 

La spasmophilie est également aggravée par un fonctionnement digestif perturbé. On pense souvent que la spasmophilie favorise la colite. Mais l’inverse peut être également vraie : une inflammation du côlon rend plus fragile et plus vulnérable au niveau du système nerveux. Une bonne alimentation est primordiale. Par exemple, les glucides ont leurs rôles à jouer. L’élévation du taux de sucre dans le sang interfère avec la mise à disposition de certains neurotransmetteurs et du magnésium, qui contribuent au bon fonctionnement du système nerveux.

 

A côté d’un programme nutritionnel, il est très utile d’accompagner un exercice physique et/ou créatif, un sommeil de qualité, des horaires réguliers, une vie calme sans stress, des massages pour détendre les muscles…

 

C’est pourquoi on ne peut pas étudier une maladie si l’on ne tient compte que d’une structure. Il faut prendre en charge l’ensemble des symptômes dans sa globalité physique, psychique, nerveux, métabolique, digestif… La spasmophilie est un syndrome dont les causes sont multifactorielles.

Previous Post Next Post

You Might Also Like

No Comments

Leave a Reply

WordPress spam blocked by CleanTalk.